Pour un Sahel pacifique et prospère

Le Sahel a connu un âge d’or, du 7ème au 16ème siècle, avec d’ultimes reliquats jusqu’au 19ème siècle. Avant l’avènement du commerce maritime international, la région était au coeur des échanges avec l’Afrique du Nord et l’Europe. Elle était organisée sous forme d’Etats structurés politiquement et économiquement, avec des élites lettrées qui ont notamment laissé un important patrimoine écrit dans les bibliothèques de Tombouctou.

Puis l’économie de l’ensemble de la région n’a cessé de se dégrader et de vastes zones ont été finalement sous-administrées par les Etats sahéliens issus de la décolonisation. Ces « friches étatiques », ou zones marginalisées, ont permis l’installation de trafiquants les plus divers, de preneurs d’otages et de groupes armés. Le septentrion malien a enfin subi quatre rébellions de certains groupes Touaregs depuis 1962 et d’autres ont eu lieu aussi au Niger.

Depuis les années 2000, le Nord Mali est de surcroît victime de l’implantation de djihadistes algériens, vétérans d’Afghanistan, ayant rejeté toutes les offres de réinsertion et finalement repoussés d’Algérie (le Groupe salafiste pour la prédication et le combat, devenu Al Qaïda au Maghreb islamique -AQMI-en 2007). Un djihadisme purement local (Ansar Dine et le MUJAO), allié à AQMI, a aussi pris racine au point de défaire l’armée malienne et de dominer plus de la moitié du Mali en 2012. A peu près au même moment, un djihadisme armé s’est développé également en Somalie dont l’Etat était déliquescent ou « failli » (les Chebabs depuis 2006), ainsi qu’au Nord délaissé du Nigéria (Boko Haram à partir de 2009). L’insécurité s’étend actuellement à de nouvelles régions du Sahel : centre du Mali, Niger et nord du Burkina, avec de nouveaux groupes armés, principalement djihadistes. Rien qu’au Mali, « homme malade » du Sahel, il existe aujourd’hui, en dehors même de la nébuleuse djihadiste, pas moins de 17 groupes politico-militaires, une armée régulière (armée malienne) et 3 armées étrangères (MINUSMA, Barkhane, G5 Sahel).

Le Sahel peut-il néanmoins retrouver la paix, voire son lustre ancien ? Peut-il surmonter ses traumatismes et s’engager dans la voie d’un développement durable ? Sans doute d’après Nicolas NORMAND, Ministre plénipotentiaire honoraire, ancien ambassadeur de France (Mali, Congo et Sénégal), ancien directeur-adjoint de l’IHEDN, mais seulement si des réformes et des projets ambitieux peuvent être entrepris, appuyés aussi plus efficacement par la communauté internationale.

AUTEUR

Nicolas Normand

SOMMAIRE

• Une fragilité qui provient des institutions étatiques
Valoriser les atouts du Sahel
• Changer le paradigme de l’aide au développement et se préoccuper plus fortement du Sahel

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