Moulay Hafid EL ALAMY, ministre de l’Industrie du Maroc, se prononce pour un modèle euro-africain de Zones Économiques Spéciales et Sécurisées (ZESS)

Source : Moulay Hafid EL ALAMY, ministre de l’Industrie du Maroc, se prononce pour un modèle (…) – AfricaPresse.Paris

Moulay Hafid ELALAMY, ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Économie Verte et Numérique du Maroc. © Capture vidéo ministère

« Le destin de l’Afrique repose en grande partie sur son industrialisation, à partir de la transformation sur place de ses matières premières abondantes et diversifiées. C’est en effet, à travers cette industrialisation que seront créés de la valeur économique, des emplois pour les jeunes en grand nombre, et ce faisant seront développées les classes moyennes. Pour accélérer cette industrialisation, il faut faire appel à l’épargne locale et au dynamisme des entreprises africaines, mais aussi aux investissements directs étrangers (IDE). Comme en Chine dans les années 1980-1990, l’afflux d’investissements directs étrangers est une source de développement à privilégier. Or ces IDE, venant d’ailleurs, ont besoin d’un environnement performant – présence de routes et de chemins de fer, de ports équipés, d’énergie, d’Internet à haut débit, de formation professionnelle des salariés, etc. – , mais aussi d’un cadre politique et institutionnel stable (réglementation, statut juridique ,mobilité des capitaux, etc.).
À cette infrastructure physique indispensable, s’ajoute le besoin d’un environnement institutionnel stable et une fiscalité compétitive pour être en mesure d’attirer et de fixer les IDE.

Des propositions pour améliorer le modèle : des ZES aux ZES Sécurisées

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Voilà pourquoi, tous les pays africains doivent, pour accélérer leur industrialisation, créer des Zones Économiques Spéciales caractérisées par la CNUCED par trois critères suivants :
 une zone strictement délimitée ;
 un régime fiscal et douanier particulier ;
 un ensemble d’infrastructures facilitant l’exportation des productions.

À côté de ces zones très spécifiques existe tout un ensemble de modèles de regroupements d’entreprises, ne reposant pas sur ces régimes dérogatoires, qui ont aussi des spécificités, telles que les districts industriels, les écosystèmes, les technopoles, les parcs technologiques et les clusters.

L’étude que nous proposent IPEMED et AEZO [le Rapport sera diffusé gracieusement aux participants du webinaire du 28 sptembre ] est intéressante par son côté opérationnel. Elle met l’accent non pas sur des études statistiques et académiques, mais sur le fonctionnement pratique de ces zones économiques, et fait un ensemble de propositions pour améliorer le modèle des ZES.

Cette étude a pour but de révéler aux décideurs européens et internationaux la puissance de l’outil des ZES au service de l’industrialisation de l’Afrique.

Cette étude a aussi pour mérite de faire ressortir les faiblesses d’une vision étroite de la coopération euro-africaine et donne aussi quelques pistes qui permettraient de la dépasser en explorant un modèle industriel africain original, partenaire, inclusif et soucieux de l’environnement.

Le passage des ZES actuelles à des ZESS (Spéciales et Sécurisées) serait un processus gagnant/gagnant pour l’industrie européenne et pour l’industrie africaine.
Cette voie vers la « clusterisation » des ZES pour en faire des ZESS constitue un long chemin de transformation et d’apprentissage.

J’adhère à l’idée que l’Union Européenne et l’Union Africaine pourraient mettre sur pied une initiative industrielle commune pour faciliter la création de telles ZESS et pour créer (à Tanger, pourquoi pas ?) un laboratoire commun UE-UA sur les ZESS.


Doté d’une capacité d’analyse, de formation, de conseil, de benchmarking et d’intervention, il pourrait, au moyen d’une labellisation de ces Zones Économiques Spéciales et Sécurisées, participer à l’émergence d’un modèle africain spécifique ».

Moulay Hafid Elalamy, Ministre de l’Industrie du Maroc

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