Les origines du projet

Notre Vision :

Jean-Claude Juncker résume le projet Africa-Med-Europa :

« La crise de Covid-19 pousse le monde à innover. Unis par un avenir commun, l’Europe et l’Afrique sont inextricablement liées, étant les alliées les plus naturelles l’une de l’autre dans la quête de la prospérité et de la croissance.

Notre partenariat ne peut pas se limiter à reproduire les schémas anciens. Le rapprochement des économies régionales offre des solutions aux défis découlant d’une mondialisation non réglementée. De nouvelles formes d’intégration de la production, de l’approvisionnement et des chaînes de valeur doivent être conçues ensemble.

L’approche innovante qui voit l’Europe, l’Afrique et la Méditerranée comme une région intégrée promue par la Fondation La Verticale Africa-Med-Europa est de la plus haute importance. La Fondation servira d’outil pour stimuler l’intégration régionale avec une structure dynamique à trois piliers composée par le réseau de réflexion AME, le “Groupe des sages”  et le “Conseil des chefs d’entreprise”, travaillant en synchronisation pour élaborer une action coordonnée et créer de nouvelles opportunités pour nos deux continents. »

 Jean-Claude Juncker, président d’honneur de la Fondation La Verticale AME

La Fondation La Verticale Africa-Med-Europa (AME) est un organisme non gouvernemental et multi-stakeholder qui vise à accélérer l’intégration économique de la région AME de manière productive, durable et solidaire. Elle propose des méthodes et des projets tangibles pour le moyen et long terme, transformant les idées partagées en actions concrètes. Sa mission est centrée sur une tendance lourde: la régionalisation des économies.

Une tendance de fond : la régionalisation de la mondialisation

Il y a en effet deux formes d’internationalisation des échanges : la globalisation, avec le monde entier comme terrain de jeu ; et la régionalisation, au sein de grands ensembles de pays voisins (Union européenne, Asean+3, etc.).

Globalisation et régionalisation sont liées, mais jusqu’à présent les débats publics avaient surtout vu la globalisation. Cette dernière faisait, dès avant la crise du coronavirus, l’objet de critiques croissantes ; elles ont encore augmenté depuis. La difficulté de l’Europe à se procurer des vaccins – pour ne rien dire de la Méditerranée et de l’Afrique – a montré que la souveraineté passait par une plus grande maîtrise des approvisionnements stratégiques.

Car la promotion de circuits plus courts ne signifie pas un retour aux nations. La puissance des intégrations régionales partout dans le monde, notamment en Asie orientale, montre que l’alternative à une globalisation dérégulée prend la forme de grandes « régions Nord-Sud ».

C’est en particulier le cas dans les Amériques et en Asie orientale, où cette intégration économique régionale s’appuie sur quatre instruments :

–        un instrument financier : une banque régionale de développement (et même deux en Asie orientale) ;

–        un instrument économique : un traité de sécurisation de l’investissement pour promouvoir la coproduction entre pays industrialisés et pays émergents;

–        un instrument politique : l’Organisation des États Américains et les Sommets de l’Asie Orientale.

–        un instrument de prospective économique, comme la CEPALC qui rassemble dans les Amériques 700 chercheurs de 33 pays d’Amérique du Sud auxquels sont associés 11 pays dont les Etats-Unis et le Canada ; et l’ERIA qui rassemble les 16 pays d’Asie orientale.

La signature en novembre 2020 du Regional Comprehensive Economic Partnership entre les pays de l’ASEAN, la Chine, la Corée du Sud, le Japon, l’Australie et la Nouvelle Zélande, consacre l’intégration économique profonde de cette région.

S’ils ne veulent pas être dominés dans la mondialisation, les pays européens, sud-méditerranéens et subsahariens voient bien qu’ils doivent faire face ensemble à des défis communs : adaptation au changement climatique, transition énergétique, codéveloppement et maîtrise des flux migratoires, sécurité, souveraineté alimentaire, sanitaire et technologique.

Afrique-Méditerranée-Europe, notre « quartier d’orange »

Notre espace pertinent est la région Afrique-Méditerranée-Europe, notre “quartier d’orange”, pour reprendre le terme de Jean-Louis Guigou. D’où l’importance, pour les Africains, les Sud-Méditerranéens et les Européens, de travailler ensemble, dans la durée, pour préparer l’avenir.

Cela suppose de changer:

–        de vision et penser en terme de “régions Nord-Sud” ;

–        d’objectif : ne pas être utilitariste et court-termiste, promouvoir un partenariat productif durable, solidaire et inclusif, à fort contenu de transferts de savoir-faire, de formation et d’échange d’expériences. Autrement dit, promouvoir la partie culturelle du développement économique afin de renforcer nos valeurs communes ;

–        de stratégie, en passant de relations simplement commerciales à ces relations productives qui font le succès de l’intégration de l’Asie orientale. L’intégration régionale profonde passe par la redistribution géographique de l’appareil de production ;

–        de méthode, en partant des besoins des populations avec des stratégies bottom-up et non plus top-down, en privilégiant l’approche par les territoires (circuits courts, biens communs locaux et régionaux, filières locales territorialisées, économies circulaires, écosystèmes locaux, clusters et Zones économiques spéciales) ; en mettant en avant des projets concrets portés par la société civile et notamment les entreprises ;

–        de priorité politique, en passant de l’approche sécuritaire qui domine les relations Nord-Sud, à la « sécurité humaine générale » : sécurité de l’emploi, des investissements, de l’accès à l’énergie, à l’alimentation, à des médicaments de qualité et à la santé, sécurité politique et juridique des personnes ;

–        de comportement, en passant d’un esprit de conquête ou de rancœur, à un esprit de partage où le travail commun prépare l’avenir ;

–        d’ambition en faisant de l’AME la première région du monde.

La prise de conscience politique

Elle progresse depuis plusieurs années, comme en témoigne les déclarations suivantes:

–        Le Président nigérien Issoufou Mahamadou : « L’observation de l’évolution économique et sociale des deux continents européen et africain montre à quel point ils sont liés et à quel point un cadre permanent de réflexion stratégique est nécessaire pour guider cette évolution. » (Lettre de soutien au projet de la Verticale AME, 2015).

–        Les chefs d’Etats européens et africains, lors du Sommet des 11 et 12 novembre 2015 à la Valette où il fut décidé de « poursuivre la réflexion stratégique en vue de continuer à promouvoir une intégration économique régionale entre les pays européens, les pays du Sud de la Méditerranée et les pays Subsahariens ».

–        Le Président Macron le 27 août 2017, devant les Ambassadeurs français : « Nous devons arrimer ensemble, enfin, les continents européen et africain, à travers la Méditerranée ; le Maghreb restera pour cela une priorité centrale pour la France (…). La Stratégie que je veux mettre en œuvre consiste à créer un axe intégré entre l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe ».

–        La Chancelière Merkel en décembre 2017, avec son idée de Plan Marshall Africain.

–        Le Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, dans son discours sur l’État de l’Union du 13 septembre 2018 où il déclare que la collaboration avec l’Afrique est une priorité essentielle pour l’Union européenne. Il propose « une nouvelle alliance entre l’Europe et l’Afrique pour des investissements et des emplois durables ». Il s’agit de réduire l’aide publique qui transite par les ministères, pour augmenter le soutien aux projets privés, avec la création du Plan d’Investissement Extérieur (PIE).

–        Le nouveau Parlement européen et la nouvelle Commission, la Présidente Von der Leyen ayant pris durant l’hiver 2019-2020 des initiatives audacieuses pour travailler non plus “pour” l’Afrique mais “avec” l’Afrique. 

–        Le Haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell : « Il faut agir maintenant, dans quelques années il sera trop tard. Nous devons éviter d’en arriver au point où, comme le dit mon ami Enrico Letta, ancien premier ministre italien, les Européens devront choisir entre être une colonie chinoise ou une colonie américaine. » (Política Exterior, 1er septembre 2020).

Le narratif des relations entre l’Europe, la Méditerranée et l’Afrique a donc changé. Toutefois, les outils permettant de passer des idées à l’action ne sont pas encore à la hauteur des enjeux. La Fondation AME est un outil partagé pour une nouvelle alliance régionale de long terme, un développement productif, durable et solidaire qui assurera notre souveraineté.

Comme le disait Maurice Blondel, « L’avenir ne se prévoit pas, il se prépare ».

16 juillet 2020: l’Appel du “Forum des Sages” de la Fondation AME

Le 16 juillet 2020, les membres du Forum des Sages ont lancé un appel, dont voici les éléments essentiels:

Dans ce monde du XXIe siècle, rendu plus dangereux par le regain des nationalismes et l’affaiblissement du multilatéralisme, l’Afrique et l’Europe ont une grande responsabilité pour redessiner une globalisation plus juste, plus respectueuse des réalités régionales, mieux maîtrisée dans ses règles et ses préférences collectives, qui ne laisse personne pour compte. La défense des intérêts de nos continents en dépend largement (…).

Pour cela, un nouveau partenariat entre l’Afrique et l’Europe est plus que jamais indispensable. C’est une alliance à construire ensemble tous les jours par nos sociétés, nos jeunes, nos femmes, nos villes, nos entreprises. C’est une région mondiale de près de 3 milliards de personnes à l’horizon 2040 qu’il s’agit de bâtir.

Notre proximité géographique, historique, culturelle, ainsi que nos diversités constituent des atouts stratégiques pour affronter les défis communs : imaginer ensemble un nouveau narratif, multiplier les interconnexions économiques et sociales, établir des échanges équitables entre Nord et Sud, créer l’emploi, maîtriser la digitalisation et les technologies, combattre le réchauffement de notre planète, construire la paix et la sécurité.

Nous devons mobiliser nos intellectuels, nos chercheurs, nos entrepreneurs, nos sociétés. Sans tabous, sans complaisances, sans paternalisme.

Il faut, à cette fin, mettre en place une Fondation qui facilite ce mouvement : la Fondation La Verticale Africa-Med-Europa (AME), instrument partagé et paritaire, travaillant dans l’intérêt commun et indépendant dans le long terme, outil commun susceptible de porter ce projet”.

Signataires:

  • Jean-Claude JUNCKER, Former President of the European Commission and Honorary President of “La Verticale Africa-Med-Europa (AME)” Foundation
  • Elisabeth GUIGOU, President of “La Verticale AME” Foundation, Former Minister of the Republic of France
  • Nana AKUFO-ADDO, President of the Republic of Ghana
  • Mohamed Ould EL-GHAZAOUANI, President of the Islamic Republic of Mauritania
  • Roch Marc Christian KABORE, President of Burkina Faso
  • Uhuru KENYATTA: President of the Republic of Kenya
  • Issoufou MAHAMADOU, President of the Republic of Niger
  • Macky SALL, President of the Republic of Senegal
  • Ulisses CORREIA E SILVA, Prime Minister of the Republic of Cabo Verde
  • Ellen JOHNSON SIRLEAF, Former President of the Republic of Liberia
  • Louise MUSHIKIWABO, Secretary General of the International Organisation “La Francophonie”
  • Talal ABU-GHAZALEH, Vice-President of “La Verticale AME” Foundation, Former Senator of the Kingdom of Jordan, Chairman of TAG. Global
  • Romano PRODI, Former President of the European Commission
  • Felipe GONZALEZ, Former President of the Government of the Kingdom of Spain
  • Horst KÖHLER, Former President of the Federal Republic of Germany
  • Miguel Ángel MORATINOS, Former Minister of Foreign Affairs of the Kingdom of Spain, UN High-Representative for the Alliance of Civilizations
  • Piero FASSINO, Chairman of the Foreign Affairs Committee of the Italian Chamber of Deputies
  • Etienne DAVIGNON, Minister of State of the Kingdom of Belgium
  • Louis MICHEL, Minister of State of the Kingdom of Belgium
  • Stefano MANSERVISI, Advisor to Jean-Claude Juncker, Former Director General of Directorate-General for International Cooperation and Development of the European Commission.
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