Indications géographiques et marques territoriales agricoles et agroalimentaires dans l’espace euro-méditerranéen

Dans la perspective de l’Atelier co-organisé par l’IPEMED, RESOLIS et la Chaire Unesco en Alimentations du Monde, dans le cadre de la MEDCOP Climat de Tanger, du 18 juillet 2010, autour de l’apport des « systèmes alimentaires territorialisés » (SAT) à la résilience au changement climatique et au développement durable, il nous semblait importer de redonner une seconde vie au rapport CIHEAM/IPEMED réalisé par Hélène ILBERT et Jean-Louis RASTOIN, en 2010.

En effet, une des « solutions » qui sera défendue à la MEDCOP Climat, concerne la création d’un label « Terroirs de la Méditerranée ». L’objectif est simple : afin de promouvoir les produits du terroir, et ainsi contribuer à la valorisation de la diète méditerranéenne, il faut susciter une solidarité régionale pour la mise en oeuvre d’une stratégie « distinctive » vis-à-vis du reste du monde, par exemple, en créant une marque territoriale permettant d’identifier les « Terroirs de la Méditerranée », dans le prolongement de la Déclaration d’Antalya sur « Les indications géographiques relatives aux produits alimentaires méditerranéens et le développement local » du 26 avril 2008 (Tekelioglu et al. 2009).

Résumé du rapport :

Avec la globalisation, les terroirs les plus reculés, empreints de leurs particularités et de leurs savoirs faire répondent à l’émergence de nouvelles demandes. Ecotourisme, lieux culturels exceptionnels, produits typiques, participent de marchés étendus par l’internationalisation des filières et par divers dispositifs de normes collectives, privées et publiques, relatifs aux questions de qualité et d’origine qui permettent une différenciation des produits. Les attributs des terroirs sont des facteurs possibles de démultiplication des offres. La construction de produits de haute qualité spécifique, de services et de produits dérivés accélère l’ouverture de marchés innovants, segmentés par des signes distinctifs. 

Pour se positionner sur le marché mondial, mais aussi pour « reconquérir » les marchés intérieurs, la commercialisation des produits du terroir méditerranéen peut passer par une marque ombrelle collective des « Produits Alimentaires des Terroirs Méditerranéens » (PATM). La mise en place d’une démarche volontariste et contractuelle garantissant a minima le regroupement des IG du pourtour méditerranéen sous une marque ombrelle et dans un plus large mesure, favorisant l’émergence d’alliances en vue de la visibilité des produits méditerranéens à forte typicité suppose la mobilisation de moyens suffisants pour construire une notoriété au plan international, contribuant à éviter la délocalisation des activités économiques et donc des emplois en milieu rural.

Cette démarche n’a de portée économique et sociale que si les opérateurs (groupements de producteurs ou PME) peuvent en maîtriser les évolutions par l’intelligence organisationnelle et informationnelle.


Auteurs :
Hélène ILBERT (CIHEAM-IAMM)
Jean-Louis RASTOIN (Montpellier SupAgro)


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