Filières prioritaires pour la coproduction en Tunisie

Un nouveau destin se dessine pour la rive sud de la Méditerranée comme interface entre l’Europe, vieillissante et mature, et l’Afrique, jeune et en pleine croissance. Un destin industriel, car dans le cadre d’une vision intégrée « Afrique – Méditerranée – Europe », ces pays d’Afrique du Nord jouent un rôle de pivot essentiel entre des pays qui ont des niveaux de développement différents. A l’instar du Mexique, base industrielle des Etats-Unis et du Canada, des pays d’Europe Centrale et Orientale (PECO) qui ont été les premiers bénéficiaires du redéploiement d’une partie de l’appareil productif allemand à l’est de l’Europe, et du développement actuel des pays du sud-est asiatique sous l’impulsion du Japon et de la Chine, les pays sud-méditerranéens ont tout à gagner à s’insérer dans des chaînes de valeur

régionales (CVR) et à ouvrir la voie à un nouveau modèle de coopération économique «gagnant – gagnant » fondé sur le partage de la valeur ajoutée et de technologies entre acteurs du Nord et du Sud de la Méditerranée.

C’est cette certitude qui sous-tend les travaux de l’Observatoire de la coproduction, lancé en décembre 2014 par l’IPEMED1 ainsi que le programme d’étude et d’animation sur « l’industrialisation du Nord de l’Afrique », initié en 2017. L’heure n’est plus à l’exploitation, aux délocalisations à bas coût et à la sous-traitance de bas de gamme mais à la coopération et à la coproduction dans des chaînes de valeurs intégrées.

Ce présent rapport s’inscrit donc dans la continuité de l’étude réalisée sur la coproduction en Tunisie, en octobre 2015. En apportant un regard renouvelé, il se veut un complément d’analyse sur la question des secteurs porteurs pour le développement de ce modèle de coproduction, en dépassant le simple objectif de réduction du déficit commercial extérieur.

Ce travail fait également écho aux débats actuels portant sur la contribution des partenaires européens au développement du tissu industriel tunisien.

Aux yeux des industriels et investisseurs méditerranéens et européens, les filières ainsi identifiées doivent être considérer en priorité au regard de la mouvance des marchés, des atouts et du potentiel de l’économie tunisienne. Les entrepreneurs étrangers désireux de coproduire en Tunisie peuvent, pour ce faire, compter sur deux facteurs clés de succès :

D’abord, un tissu d’entreprises tunisiennes qui, par le passé, ont fait preuve d’une forte compétitivité sur le marché international, notamment européen, et qui ont, plus récemment, démontré une capacité de résilience incontestable tout au long de la période d’incertitude post-révolution 2011. Ces chefs d’entreprises ainsi que la nouvelle génération de jeunes entrepreneurs qui les ont suivis aspirent au développement d’activités innovantes, à plus forte valeur ajoutée.

Ensuite, des pouvoirs publics qui placent désormais la relance de l’investissement industriel en haut de leur agenda afin de créer des emplois qualifiés. Ils offrent, pour ce faire, les facilitations nécessaires pour voir leurs priorités de développement économique et social se réaliser à travers l’investissement privé.

Cette étude se veut donc prospective en tentant d’apporter des éléments de réponse aux attentes des industriels et investisseurs tunisiens, européens et méditerranéens dans leur recherche de partenaires crédibles et de modèles opératoires intelligents, pour réussir la transformation de leurs entreprises dans le cadre d’un modèle « gagnant-gagnant ».

Que ce document puisse aider les uns et les autres à trouver leurs voies pour un meilleur futur intégrant la coproduction des entreprises des deux rives de la Méditerranée.

Auteurs :

Noureddine Hajji, Président d’IPEMED Tunisie
En coopération avec :
Jean-Louis Guigou, Président de l’IPEMED
Avec l’assistance de :
Mariem Brahim, IPEMED
Mehdi Ben Said, EY Tunisie
Amira Fériani, EY Tunisie

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