Arabie Saoudite – Vision 2030 (2/3) | Pour une transition énergétique ambitieuse et innovante

Après le premier volet de notre triptyque des CAHIERS IPEMED-LA VERTICALE dédié à la l’évolution de la condition des femmes en Arabie saoudite dans le contexte du programme saoudien de réformes Vision 2030, ce deuxième volet explore la question de la transition énergétique du Royaume, dont on connaît la si prégnante dépendance au pétrole.



AVANT-PROPOS

(Extrait)

L’Arabie Saoudite actuelle est née le 21 septembre 1932 à l’issue de la proclamation par Abdelaziz Ibn Seoud de la fusion des provinces du Nadj et du Hijdaz, concrétisant sa conquête de la péninsule arabique entamée en 1902 depuis la ville de Riyad. Dotée, au début de son existence, d’une économie archaïque, l’Arabie Saoudite a acquis une importance stratégique considérable en raison de la découverte d’immenses réserves pétrolières sur son territoire à la fin des années 1940.

Le Royaume saoudien a acquis son importance politique, économique et géostratégique grâce à ces dotations en hydrocarbures. L’exploitation commerciale du pétrole saoudien n’a cependant vraiment démarré qu’après la Seconde Guerre Mondiale et l’institutionnalisation de la relation stratégique bilatérale entre les États-Unis et le Royaume saoudien à l’issue du « pacte du Quincy » du 14 février 1945.

À cette occasion, l’Arabian American Oil Company (Aramco) devient la principale entre- prise exploitant le pétrole saoudien. Au début des années 1950, l’exportation de pétrole est devenue la première source de revenus du Royaume, supplantant les taxes du pèlerinage de La Mecque. Les découvertes pétrolières successives dans le Hassa, et la production croissante et régulière qui s’en est suivie, ont apporté une richesse considérable à l’Arabie Saoudite tout au long de la seconde moitié du XXe siècle.

Néanmoins, depuis 2014, les transformations du marché pétrolier, le ralentissement de la croissance économique mondiale et la prise de conscience des enjeux climatiques et environnementaux ont fortement ébranlé le modèle rentier saoudien

Celui-ci présente aujourd’hui des faiblesses économiques criantes et se révèle difficilement compatible avec les attentes d’une population jeune en quête de nouvelles opportunités économiques et de modernisation sociale.

La transition générationnelle entamée au sommet de l’État, avec l’arrivée au pouvoir, en juin 2017, du jeune prince héritier Mohammed ben Salman, est l’occasion pour le pays de sortir de sa dépendance au pétrole et d’embrasser les transformations économiques, technologiques et énergétiques qui définiront l’économie du XXIe siècle.

C’est le sens du plan Saudi Arabia Vision 2030, un programme ambitieux de réformes élaboré par Mc Kinsey pour le gouvernement saoudien afin de concrétiser la transformation économique du Royaume. De nombreux obstacles restent cependant à lever pour mettre fin à l’ère du tout-pétrole.

Reste que si Vision 2030 a tracé une voie audacieuse et volontariste pour transformer l’Arabie Saoudite, des propositions additionnelles peuvent être suggérées afin de compléter la feuille de route de la transition énergétique saoudienne.

Après avoir rappelé la situation dans laquelle se trouve l’Arabie saoudite en matière énergétique et les réponses apportées par le plan Vision 2030, ce rapport souligne des leviers supplémentaires qu’il pourrait être utile de mobiliser afin de maximiser l’efficacité de la transformation énergétique du Royaume.

Table des matières

I – Une trajectoire énergétique et économique devenue insoutenable

  • La centralité du pétrole dans l’économie de l’Arabie Saoudite p. 3
  • Des fragilités structurelles révélées par la baisse des cours p. 5
  • La consommation domestique de pétrole menace les capacités d’exportation p. 6
  • Le secteur pétrolier ne suffit plus à fournir des emplois à la jeunesse p. 7
  • Des enjeux environnementaux pressants appellent un changement de paradigme énergétique p. 8

II – Les solutions apportées par le plan Vision 2030 en matière énergétique

  • Vision 2030 et la transition énergétique p. 10
  • Les ambitions de Vision 2030 en matière énergétique et les premières réalisations p. 10
  • Vision 2030 et les réalisations en matière d’efficacité énergétique p. 11
  • Vision 2030 et la diversification énergétique : des ambitions fortes sur le nucléaire et les EnR, mais qui peinent à se concrétiser p. 11
  • L’excessive centralisation des décisions, un frein à Vision 2030 p. 13

III – Propositions additionnelles pour une transition énergétique réussie

  • Les orientations énergétiques supplémentaires à impulser au niveau de l’Etat central : développer l’éolien offshore en Mer Rouge et dans le Golfe persique p. 14
  • Capitaliser sur le potentiel géothermique du Royaume p. 15
  • Miser sur les technologies à hydrogène et les énergies renouvelables p. 16
  • Favoriser les initiatives au niveau régional, infrarégional et local p. 17
  • Renforcer la décentralisation des décisions d’investissement et d’aménagement du territoire p. 17
  • Utiliser les smart-grids pour une production électrique de plus en plus décentralisée p. 18
  • Encourager la modernisation industrielle et l’autonomisation énergétique des ports saoudiens p. 19

BIOGRAPHIE p. 20

LES AUTEURS

François De Block
Jean-Luis Guigou (coordination)

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